Je suis de retour à Paris par affaires (billet 1 du premier voyage et billet 2). Deuxième visite en 2 mois. Cette fois-ci, deux semaines en voyage, 3 pays. Beaucoup, beaucoup de boulot. C’est pas les vacances, quoi.

Une première semaine passe. On est samedi soir. J’ai faim. Je marche dans le quartier branchouillard de la Bastille. Rues Daval, St-Sabin, de Lappe, de la Roquette; sorte de boul. St-Laurent à la 10 en termes de nombre de restos. Décision difficile : où manger. Je consulte. Je me fais regarder de toutes les façons (« Qu’esssi veut c’lui-là!? »). Je choisis enfin : le Havanita Café. N’allez jamais là!

Chronique d’un souper manqué…

Cette expérience désagréable m’ayant inspiré, j’offre, à titre tout à fait gracieux, cette formation à tous les serveurs qui veulent être cons. Voici les 10 leçons pour faire chier un client dans un resto.

  1. Le presser à boire! 3,34 secondes après avoir été placé, et avant même que je n’aie pu enlever mon manteau, un serveur énervé –qui deviendra vite énervant– me demande si je veux un apéro. Ça commence mal. Je lui dis de revenir dans quelques instants, le temps de m’installer. Je me fais regarder avec de gros yeux…
  2. Le presser à manger. Une deuxième visite de mon serveur en moins de 5 minutes. Cette fois, il insiste pour prendre ma commande d’apéro. Mohito, lui lançais-je alors! Mon serveur énervé fait un pas vers le bar puis revient. « Et pour manger, monsieur prendra? » (« Dégage le serveur », me dis-je). Décidément, l’aurai-je dans la face toute la soirée celui-là ou est-ce que ce sera lui qui l’aura dans les dents?
  3. Le presser à manger (bis). Mon serveur énervé maintenant énervant revient quelques instants plus tard — on parle vraiment de quelques minutes là– et il me demande : « C’est bien la dorade pour monsieur? ». What?
  4. Décider pour le client quand ce dernier n’a encore rien demandé. Il m’arrive très souvent de demander à un serveur de m’aider à choisir, histoire de faire un peu de conversation. Mais ici, point de mots versé avec ce con.
  5. Courir et bousculer tout le monde. On comprend que servir des dizaines de personnes, c’est dur et on doit aller vite pour satisfaire tout le monde. Certains savent le faire bien, d’autres travaillent comme des abrutis…
  6. Dresser une table avec 6 couverts là où il n’y a de la place que pour 4 personnes. Mes voisins de tables quittent. Mon serveur maintenant clairement très énervant vient dresser la table pour les prochains clients. On tente d’y placer six personnes. Déjà la banquette est très inconfortable, en plus on veut y placer plus de monde que dans le métro de Tokyo. Le patron arrive. Invective le serveur (mon intérieur ricane) et dirige finalement le groupe à une autre table au fond. Arrive ensuite quatre jeunes touristes allemands…
  7. Argumenter déraisonnablement avec le client. Même stratagème de vitesse fulgurante et de vente à pression de la part de mon serveur fou auprès mes nouveaux voisins de table. Cette fois ils les engueulent presque parce qu’ils ne veulent que prendre un verre et un dessert. « Ah non, c’est pas manger ça! Les tables, c’est pour manger! Faut aller au bar pour ça. » Décidément, quel con.
  8. Venir à la table du client pour aucune raison. Une visite pour vérifier que tout est ok –à l’américaine « everything ok here? »– ça passe, bien que je haïsse cette pratique. Mais revenir aux 10/15 minutes se tenir debout en regardant le client bouffer sans dire mots. Qu’est-ce que c’est énervant au cube!
  9. Remplir et re-remplir le verre de vin. La goutte qui fait littéralement déborder mon verre, c’est venir remplir mon verre alors qu’il n’est à peine entamé.
  10. Finalement, lui charger un prix de fou pour une expérience folle! 68€ (98$CAD) pour une dorade trop cuite à la sauce trop sucrée, un mohito soso (Le Cube à Montréal en fait des bien meilleurs), une crème brulée digne des meilleures poudres synthétiques Betty Croker et une demie de blanc bien ordinaire, c’est pas ce que j’appelle ma meilleure dépense!

Sacrez-moi patience à la fin! Ça va, j’ai compris la stratégie : on assied un client, on le fait boire et on le gave en moins de 10 puis on le pousse à crisser son camp au plus vite pour recommencer avec les prochains. Et bien guess what le Havanita, je ne ferai plus partie des prochains! Promis, juré.

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D’autres part, j’ai super bien bouffé à nombre d’autres restos, propriété de restaurateurs vachement plus sympa. Celui tout juste à côté de l’hôtel Citadines où je logeais, le café Les Artist’s. Ou encore le resto Le Tabarin, le sushi bar Takaho, ou L’entrecôte (toutes les villes ont un resto qui s’appelle comme ça!), ou le Café Étienne près des Halles. Dommage que l’espace Web parisien des resto complique le choix à ce point…

Quoi qu’il en soit, Paris demeure une ville pour vachement bien bouffer. ;-)

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